LA VIE DE L’IMAM BOUKHARI
(RAHMATOULLAHI ALAYHI)
(Hidjri 810-870)
Il est trois heures du matin. Des myriades d’étoiles scintillent dans le firmament.
Un lourd Silence plane sur la grande Cité de Bukhara. Toute la création
d’Allah sommeille. Cependant l’épouse d’Ismaè.l, qui est un riche commerçant,
prie. Comme à l’accoutumée, elle vient juste de terminer la lecture
du Saint Coran en deux rakats et ses mains levées vers le ciel implorent la
faveur du Tout Puissant pour que son fils, frappé de cécité,
qui dort à son côté, recouvre la vue. Les larmes missellent sur
ses joues et elle prononce ces mots
«O Allah I Si vous rendez la vue à mon enfant, le m’engage sôlennellement
à l’initier dans votre voie et à lut apprendre le Saint Coran et les
traditions (Hadiths) par coeur et il les enseignera aux autres.»
Le jour suivant, le Tout-Puissant exauça les prières de l’épouse
d’Ismaèl et l’enfant recouvra la vue. Tout te monde parla du miracle du Saint
Coran et bon nombre d’incroyants se convertirent à l’Islam. Quand cet enfant
de 4 ans deviht adulte, il maîtrisa les traditions et il fut le maître
des «Mohaddiçînes» (Ceux qui enseignent les traditions).
Il se nommait Mohammad Bin Ismael Bukhari (R).
Imam Bukhari (RA) avait vu le jour au crépuscule d’un lundi 12 Chawwâl
(19juillet 810). Ce fut également un lundi 12 Rabi - Ut - Awwal que notre
Saint Prophète (saw) naquit. Ce qui incita le père de Bukitari à
l’appeler Mohammad. Il était le cadet de la famille. Son frère aîné
s’appelait Ahmad. A l’âge de six ans, Imam Bukhari (RA) apprit le Saint Coran
par coeur par l’entremise de sa mère. Il maîtrisa la récitation
du Saint Coran et nul ne put en faire autant dans toute la cité. Il reçut
ses premières leçons religieuses de son père, qui fut aussi
en son temps un érudit. Imam Bukitari (RA) écrivit dans son livre ‘Tarikh~-Kabir’
que son père fut l’élève de Hazrat Abdullah-Bin Mubarak (RA),
lui-même le disciple de Allamah Ibn Ahmed Bin Youssouf Albekandi.
Imam Bukhari (RA) était doué d’une mémoire remarquable. A peine
âgé de 14 ans, il avait appris dix mille haditits par coeur. Les étudiants
qui apprenaient les traditions à Bukhara s’habituaient à le suivre
comme s’il s’agissait d’un éminent maître. D’ailleurs, des personnages
distingués venaient s’informer auprès de lui de ce que préconise
la jurisprudence islamique concernant certains problèmes spécifiques.
Quand Imam Bukhari (‘RA) fut âgé de 17 ans, Sa mère se décida
à faire un pélerinage (Hajj) en compagnie de ses deux fils Après
un voyage pénible de plusieurs jours, ils arrivèrent à Hedjaz
où ils s’acquittèrent de leurs devoirs religieux. Ensuite, ils se rendirent
à Médine (Madina Shariff)
pour se recueillir sur la tombe de notre Saint Prophète (saw)
Peu après, notre Saint Prophète (saw) apparût en rêve à
Imarn Bukhari (RA) et lui ordonna de ne pas quitter Médine. Il y rèsta
donc tandis que Sa mère et son frère retournèrent à Bukhara.
A cette époque, il y avait un institut, fondé par Hazrat Imam Malik.
Ce dernier y avait réuni les traditions et y avait écrit un livre intitulé
«Muatta». C’est là que Imam Châfi (R) avait appris les traditions
de Hazrat Imam Malik. C’est aussi là que Imam Ibné Kasir avait complété
ses études et avait mis le point final à son «Tafsirt~oran».
De même, Hazrat-Sufian Thauri et Hazrat Fazal Bin Abbas y avaient terminé
leurs études et s’en étaient allés propager l’Islam aux quatre
coins du globe. Or, Imam Bukhari (RA) dut passer au même institut pour parfaire
sa connaissance. Les maîtres d’alors étaient Imam Abou Al Walid et Allama
Houmeidi. Imam Bukhari apprit les traditions de ces deux précepteurs et quelques
unes de l’Imam Ahmad bin Hambal.
Après y avoir complété ses études, il s’en alla à
pied à Basra, à Kufa, au Yémen, en Egypte et en Syrie d’où
il recueillit les traditions de personnes dignes de foi et lettrées. Il maîtrisa
plusieurs livres traitant les sujets les plus divers et il les apprit par coeur.
Quant aux traditions, il était exceptionnel; il retint de mémoire quelque
cent mille traditions et la perfection de ce don merveilleux résidait dans
le fait qu’il se souvenait non seulèment du nom de chaque narrateur, mais
aussi du jour et de la date de chaque récit. A cette époque, personne
ne put l’égaler dans toute l’Arabie et La Perse. Quand le «Khatib»
(celui qui prononce le sermon le Vendredi) écrivit l’histoire de Baghdad,
il fit mention dans son livre que tout le monde des lettres le considérait
comme le plus éminent professeur des traditions.
Hazrat Imam Bukhari (RA) relate qu’il avait vu en rêve que notre Saint Prophète
(saw) s’asseyait et qu’il (Imam Bukhari) empêchait les mouches de s’approcher
de lui. Le jour suivant, il s’enquérit auprès des gens quant à
la signification de son rêve et on lui révéla qu’il allait mettre
un terme aux fausses narrations des traditions ayant trait à notre Saint Prophète
(saw) Quand il eut compris le sens de son rêve, il s’attela courageusement
à réunir les traditions.
Après quinze ans de dur labeur, Hazrat Imam Bukhari (‘RA) acheva la collection
des traditions, qui est mondialement reconnue comrne Sahîh Bukhari. Ce recueil
est considéré comme étant le plus exact. Il est classé
juste après le Saint Coran sur le plan de la valeur. Il était dans
les habitudes de l’Imam Bukhari d’observer le jeûne, de prendre un bain et
de faire deux rakats namaz nafil (prière facultative) avant de se mettre à
écrire chaque Hadith et avant de la consigner dans Sa collection. Toute précaution
a été prise lors de cette compilation. Il est dit que Imam Bukhari
(‘RA) durant son sommeil avait l’hahitude de recevoir la confirmation de l’authenticité
de chaque tradition de notre Saint Prophète (saw) dans son rêve. Le
«Bukhari Shariff» a été traduit en 55 langues internationales.
Bukhari Shariff comprend 9282 traditions. Une fois complété, Bukhari
Shariff avait été soumis à l’Imam Hambal et à Hazrat
Yahyah bin Mayin et à d’autres autorités incontestables en hadiths
pour approbation. Ils l’approuvèrent tous sans réserve et l’apprécièrent
même. lmam Bukhari (RA) compila toutes les traditions vérifiées
et correctes de 90 000 personnes. En ce qui concerne son exactitude, il est le livre
qui commande le plus d’autorité dans tout le monde islamique. Le manuscrit
de ce livre avait été écrit au Haram Shariff. Les présentes
dispositions et descriptions des traditions telles qu’elles se présentent
dans le livre, furent préparées entre la tombe de notre Saint Prophète
(saw) et le Mimbar-Nabwî.
Voici une liste de personnes ayant narré les hadiths à Imam Bukhari
(RA) et le nombre de leurs contributions Abou Horeira (R) 446, Hazrat Anas (R) 268,
Hazrat lbné Oumar (R) 270,
Razrat Ibné Abbas (R) 217, Hazrat Ayesha (R) 42, Hazrat Qomar (R) 60, Hazrat
Ah (R) 49,
Hazrat Abou Bakar (R) 22, Hazrat Osman (R) 9, Hazrat Abou Sufyan (R) une et les «Sahabiyat»
73.
Une personne pieuse vit notre Saint Prophète en son rêve. Elle fut comblée
de joie et pria le Saint Prophète (saw) , de lui montrer le livre qui l’édifierait.
Le Saint Prophète (saw) y répondit par une exhortation à lire
son livre. Le croyant demanda au Saint Prophète «quel est votre livre»
? Le Saint Prophète répondit «Sahîh Bukhari». Cela
démontre la grandeur du livre et la place que tient l’auteur dans la jurisprudence
islamique.
Le monde islamique se doit à 1’Imam Bukhari (RA) pour son travail de compilation
remarquable. Il en fit une science dont il a établi les règles. En
sus, il a écrit un autre livre dont le titre est «Târikht-Kabir»
ou «La grande histoire». Il y explique comment reconnaître le vrai
narrateur de traditions. Ce livre fut traduit de l’Arabe en Allemand en 1830 à
Mùnich (Allemagne). Imam Bukhari (RA) avait évrit un livre «Kitab-ul-Kunni»
dans lequel il avait inclus les noms et les statuts des narrateurs de hadiths. Il
écrivit également «Kitab-Ul-Zoafa» en vue de souligner
comment déceler la fragilité de certaines traditions. Il réglementa
en outre, la narration de chaque tradition, s’il éprouvait du scepticisme
envers quelqu’un, il refusait son écrit. Il se passa ainsi de 10 000 traditions.
D’ailleurs, il avait écrit plusieurs livres traitant de divers sujets ayant
trait aux traditions.
Bukhari Shariff est enseigné de nos jours encore cornme texte scolaire dans
beaucoup de «madressa» même hors de l’Arabie. A Médine,
une nuit, Imam Bukhari (RA) vit le Saint Prophète en rêve, qui lui ordonna
de se rendre à nouveau à Bukhara pour propager l’enseignement des Hadiths.
Ayant habité 20 ans à Médine, et âgé de 42 ans,
il regagna Bukhâra où toute la cité s’était réunie
pour l’accueillir malgré le fait que presque un quart de siècle s’était
écoulé depuis son départ. Ses parents étaient déjà
décédés. Son frère lui remit 180 000 dinars - l’équivalent
de sa part léguée par ses parents. n investit intégralement
le montant dans la construction d’un bâtiment qui abrita une université
où la science des Haditits était enseignée aux étudiants
perses, chinois, turques et aux autres nationalités. Après avoir complété
la classe terminale d’enseignements des Hadiths, les élèves recevaient
leurs diplômes et ils étaient connus comme «Mohaddiçînes».Grâce
à ses efforts et à sa sincérité, Buichara devint un centre
d’enseignement islamique reconnu notamment pour la science des hadîths. Quelques
92000 étudiants apprirent la science des haditits de l’lmam Bukhari.
Les élèves les plus renommés de l’rmam Bukhari (RA) furent Hazrat
Imam Muslim (décédé en 261 AH), Imam Tirmizi (décédé
en 297 Huri), Imam Nisai (décédé en 306 Huri), Irnam Darmi,
Imam Àbôu Daoud et lmam Mâja. Ils étaient tous des auteurs
de hadiths authentiques. En un mot, Imam Bukhari (RA) répandit la science
des Hadiths à travers le monde d’une façon exceptionnelle et efficace.
Le nouveau gouverneur de Bukhara, à cette époque, était Khalid
bin Ahrnad Il était méchant et tyrannique. Il commença à
opprimer les intellectuels musulmans. Imam Bukhari (RA) s'efforça, de son
mieux, de le mettre sur le droit chemin mais il ne l'écouta point. Par contre
il somma Imam Bukhari (RA) de quitter Bukhara. A contre-coeur, Imam Bukhari (RA)
se rendit à une petite ville dite Khateng à proximité de Samarkand.
Il commença à y enseigner les Hadiths. En peu de temps, la petite ville
se fit une grande popularité. Les intellectuels musulmans du monde entier
commencèrent à se rendre à Khateng en vue d'apprendre les traditions.
La ville se fit également une réputation dans le domaine des enseignements
Islamiques surtout pour ce qui est de la science des Hadiths.
Hazrat Imam Bukhari (RA) était un bel homme. Il était svelte et de
stature moyenne. Son front était large et il avait de grands yeux, sa barbe
était semblable à celle des habitants de Bukhara. Doué d'une
voix impressionnante, sa rhétorique en Arabe était remarquablement
efficace. Son allure démontrait sa grandeur et son érudition. Dès
sa prime enfance, il passa des nuits blanches à prier. Cette vertu augmenta
dans ses vieux jours.
Tandis que les musulmans célébraient joyeusement la fête d'Eîd-Ul-Fitr,
le soleil de la science, qu'était l'Imam Bukhari (RA) s'éteignit à
l'age de 60 ans en exil à Khateng, faubourg de Samarkand, le 29 Ramadhan 256
(31 Août 370) (Inna Lillahi, Wàinna Ilayhi radji-oûn). Avant de
rendre le dernier souffle de la vie, il dit à un de ses amis «Considérez
le temps qui vous reste à vivre comme étant inestimable et veillez
à ce que vous le passiez à prier ; de peur que la mort ne vous frappe,j'ai
vu bon nombre de personnes bien portantes expirer brusquement.»
Le fondateur de la science des traditions (hadiths) quitta ce monde où chaque
mortel séjourne pour quelque temps, laissant derrière lui ses oeuvres
qui dureront jusqu'au jour de la Rétribution.
«Sois dans ce bas monde, comme un étranger, ou un passant.»
Coran 81 - 3
«O Dieu, il n'y a d'autre vie que celle de l'Autre Monde.»
Coran 81 - 1(2)
Traduit par M. Anwar Toorabally
FRATERNITÉ DES MUSULMANS
RÉUNIONNAIS - F.M.R. - BP 747 - 97475 SAINT-DENIS CEDEX
ILE DE LA RÉUNION