L‘ouverture de l'Islam
L‘ouverture: une idée vieille de treize siècles «Point
de contrainte en religion» (Coran, S. Il, v. 256) «A vous votre religion,
à moi la mienne» (Coran, S. CIX, v. 6) Ces injonctions sans équivoque
du Coran ne sont pas restées lettre morte, et les exemples de tolérance
abondent dans l’histoire de l’islam.
Une religion qui a pour axiome le libre-arbitre, ne pouvait que prêcher la
tolérance. Et puis, une religion qui persécuterait sous prétexte
d’être la «vraie religion» ne se dénierait-elle pas d’elle-même
?
Alors, pourquoi l’islam est-il si souvent associé à l’intolérance
et au fanatisme ?
Si l’actualité et la présentation des faits par les médias jouent
un rôle dans la constitution de cette mauvaise image (tous les arabes ne sont-ils
pas des terroristes en puissance ?) cela n’explique pas tout, loin de là.
«L’islam est le fanatisme, comme l’Espagne du temps de Philippe Il et l’Italie
du temps de Pie V l’ont à peine connu». Ce jugement de Renan date de
1862. Il faut y voir d’abord l’ignorance, cette ignorance de «l’autre»,
de celui qui est différent. Beaucoup croient connaître l’islam, mais
combien connaissent son vrai visage ? Combien connaissent ces versets faisant l’apologie
de la tolérance ? Il faut y voir aussi la subjectivité du jugement,
car enfin, ce n’est pas en terre d’islam qu’a existé cette institution d’autant
plus horrible qu’elle fut légale: l’inquisition.
Condamner le Christianisme aujourd’hui parce que l’inquisition a agi en son nom,
n’a pas de sens. Porter des jugements sur l’histoire de l’islam en sortant les événements
de leurs contextes, pour les juger avec les critères d’aujourd’hui, n’a pas
plus de sens. «Religion, que de crimes on commet en ton nom».
La religion n’est pas l’unique motivation des gens. On a tendance à l’oublier
pour l’islam, religion qui mêle le temporel au spirituel. L’islam a le dos
large.
Toutes ces raisons expliquent que l’islam, par essence tolérante, traîne
une telle image d’intolérance en Occident.
Pourtant, l’islam se situe dans la continuité des autres religions monothéistes,
tout en proclamant son universalité : il n’y a pas le Dieu des musulmans,
il y a Dieu, pour qui tous les hommes sont égaux. Quand l’islam se développe,
il y a treize siècles de cela, l’idée est révolutionnaire. Moïse,
Jésus et d’autres, sont des envoyés de Dieu, tout comme Mohammad (Paix
sur eux tous). Juifs et Chrétiens font partie des «Gens du Livre»,
et comme tels, sont respectés par les musulmans. Conséquence logique,
Juifs et Chrétiens avaient un «droit d’hospitalité» privilégié
ou dhimma, dans les pays arabes : liberté de culte et de coutumes, et protection
militaire en échange d’une redevance d’autant plus raisonnable que Juifs et
Chrétiens n’étaient pas astreints à l’aumône légale
(zakât).
Faut-il rappeler que dans l’Occident d’alors, le bon musulman était le musulman
mort ?
Mais dans l’imaginaire collectif des Occidentaux, l’islam demeure la religion qui
s’est propagée à la pointe du sabre, la religion de la djihad, la «guerre
sainte».
En fait, étymologiquement, djihad signifie effort : celui de la communauté
pour «étendre les droits de Dieu sur la terre». Le prophète
Mohammad (SAW), au retour d’une expédition militaire, déclare «Nous
voici revenus du petit djihad pour nous engager dans le grand, qui est l’effort sur
l’âme.» (çad l’effort sur nous-mêmes) La lutte de l’homme
contre lui-même, contre ses passions, constitue la djihad suprême. Quant
à la djihad militaire, c’est une lutte défensive contre l’oppression
sous toutes ses formes (qu’elle soit religieuse ou pas), ou dans le but d’établir
la liberté de conscience: guerre où tout excès est condamné.
La conversion de force constitue donc un contre-sens absolu. «L’enfer est pavé
de bonnes intentions».
Toutefois, la théorie d’un islam conquérant et dominateur ne résiste
pas à l’examen des faits historiques : comment expliquer une extension si
rapide et en même temps si enracinée de l’islam ?
Pourquoi, plus tard, les Mongols conquérants des terres islamiques, ont-ils
fini par se convertir à l’islam, religion d’un peuple qu’ils dominaient?
Non, le succès de l’islam s’explique par la simplicité et la beauté
de ses dogmes, son adéquation aux aspirations spirituelles des hommes, mais
aussi par l’ordre social et politique qu’il suscite. Et si les musulmans n’avaient
eu pour arme que la force guerrière, les terres d’islam n’auraient jamais
été entre 650 et l’an mille (approximativement), les terres les plus
civilisées et les plus progressives du monde.
Faizal Omarjee
Courtoisie “ESPACE DE L’ISLAM”
FRATERNITÉ DES MUSULMANS
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ILE DE LA RÉUNION