L’islam et l’hygiène
Si nous interrogions plusieurs adeptes de confessions différentes et que nous
leur demandions de définir Dieu à l’aide d’attributs leur venant spontanément
à l’esprit, il est à peu près certain que nous relèverions
parmi ceux-ci les termes de : perfection, pureté, blancheur, lumière.
Maintenant, si nous nous arrêtons sur leur sens commun, nous nous orientons
inévitablement vers l’idée d’exempt de toute tâche, de propreté
absolue.
A l’égard de cette déduction, un fait incontestable s’impose si Dieu
est pureté alors forcément le message qu’il délivre à
ses créatures va dans ce sens là, quant au serviteur de Dieu, il ne
peut décidément s’adresser à son Seigneur s’il n’est pas lui-même
dans cet état préalablement défini.
Certes, la dimension n’est pas la même mais le résultat demeure.
L’être, fruit de l’association d’un corps et d’une âme (image succincte
que nous avons tous à l’esprit), cherche en adoptant une religion à
atteindre un certain degré de pureté spirituelle, à se rapprocher
de son Seigneur.
Or, que nous considérons le corps et l’âme comme un tout indissociable
ou comme deux éléments bien distincts, il est indéniable qu’ils
sont de toute façon liés. Par conséquent, la pureté de
l’âme ne pourra se passer de celle du corps.
De plus, négliger la pureté de son corps, création de Dieu,
revient à s’éloigner de Lui.
Nous soulignons donc un premier point: la pureté du corps est un élément
nécessaire pour tous ceux qui tendent à se rapprocher de Dieu, ce qui
nous amène à considérer l’hygiène corporelle comme essentielle.
Nous pouvons alors nous poser la question suivante : quelle est la religion qui implique
de véritables concepts d’hygiène ?
Quelle est celle qui de façon concrète induit l’être humain à
une pureté rituelle du corps ?
En un mot, quelle est la religion dont l’assise, le fondement primordial est l’hygiène
?
Nous ne passerons pas en revue tous les courants de pensée et sectes existant.
En revanche, en nous attachant simplement aux trois grandes religions monothéistes,
nous constatons qu’au niveau du christianisme, il n’existe pas de principes formels
et que les prescriptions de l’Ancien Testament qui en contenait certaines ont été
abandonnés. Quant au judaïsme, s’il est d’apparence plus ferme et peut
être plus enclin à une certaine propreté rituelle, il est certes
loin d’égaler l’islam.
Il ne s’agit pas d’un parti pris mais d’une réalité reconnue par nombre
de scientifiques, que ce soit au niveau médical ou autre comme nous le verrons.
Nous amenons ainsi le second point: l’islam est par excellence religion de propreté
et de pureté.
Le Saint Qour'aan est clair à ce sujet “Purifie des vêtements !” (S
74- Celui qui se couvre v.4) ou encore : “Dieu aime ceux qui reviennent vers Lui
et aime ceux qui s’appliquent à être purs” (Sourate 2 - La vache - v.
222).
Nous n’allons pas nous étendre avec précision sur chaque principe hygiénique,
là n’est pas l’objet de notre exposé. Nous en énumérerons
cependant un certain nombre. De plus, nous mettrons en évidence le lien se
tissant justement entre le corporel et le spirituel.
La première chose demandée au nouveau musulman n’est ni le baptême
ni un quelconque rite mais, après la proclamation de la «kalima»
(unicité de Dieu et acceptation de Mohammad (SAW) comme ultime Prophète)
il doit accomplir la grande ablution ou «ghousl» et se raser les parties
privées et les aisselles.
Le même bain doit se prendre à différents moments de l’existence
du musulman, par ex. après avoir eu des rapports, pour la femme à la
fin du saignement consécutif à l’accouchement mais aussi après
les menstrues, et en d’autres circonstances précisées par la chariat.
Sans ce bain, les prières quotidiennes, la lecture du Qour'aan et autres rites
sacrés sont frappés de nullité.
La petite ablution ou wozou doit se faire avant chaque prière si besoin est.
Si elle est d’un certain côté symbolique, elle n’en demeure pas moins
utile à un entretien constant du corps. De ce fait, l’individu est amené
à se rincer la bouche, le nez, à se laver les mains et les pieds, le
visage plusieurs fois par jour et quand nous pensons que ces parties sont exposées
à la poussière et autres impuretés puisque la plupart du temps
découvertes, nous comprenons la nécessité de cette ablution.
Rappelons à cet effet les paroles du Prophète (SAW) (Cf. Moslim) :
“Aucune prière n’est agréé sans purification”.
Touchant directement le corps, il est recommandé de garder les ongles courts,
de s’épiler régulièrement (ce qui diminue les risques d’infection
et facilite l’entretien des parties privées, atténuant de même
les problèmes de transpiration). Au-delà, l’obligation de se laver
après s’être rendu aux toilettes nous rappelle cette constante pureté
corporelle exigée par l’islam.
Les principes hygiéniques touchent également aux fonctions organiques
du corps par l’intermédiaire du jeûne sur lequel nous ne nous étendrons
pas dans la mesure où de nombreux ouvrages et articles ont déjà
développé tous ses bienfaits et son efficacité.
De même en ce qui concerne la nourriture, nous savons combien les interdits
alimentaires se justifient tant par les effets nocifs effectifs sur le corps que
sur l’esprit (se référer à ce sujet au texte sur «Le porc»).
MODE DE VIE
Quant à l’alcool ses méfaits physiques et psychiques ne sont inconnus
de personne. La liste, naturellement, ne se cantonne pas à ces quelques exemples.
Dans la sounna (mode de vie traditionnel du Prophète SAW) , ils sont multiples
et ce simple article ne suffirait pas à les nommer tous.
Nous nous contenterons donc de cette énumération qui bien que réduite,
nous permet cependant de saisir le rôle primordial de l’hygiène dans
la religion islamique.
Un autre hadice résume parfaitement ces observations: “La purification est
la moitié de la foi”(MOSLIM).
Toutefois, la propreté n’est pas le seul fait du corps elle concerne également
notre environnement.
L’envoyé de Dieu (SAW) nous interpelle de cette façon : “Gardez propre
l’endroit qui se trouve devant votre maison de façon à ne point offenser
les passants” : Nous comprenons alors combien il est important de bien tenir son
intérieur mais aussi de respecter le milieu dans lequel nous vivons en l’occurrence
notre quartier, votre ville et pardessus tout la nature. Ceci est un ordre de notre
bien-aimé Prophète (SAW). Par conséquent, en tant que musulman,
nous devons, sous peine de blesser le coeur de Rassouloullah (SAW) et d’attirer la
colère d’Allah, nous y conformer.
En outre, n’oublions pas que notre comportement est le reflet de l’islam. Les autres
jugent notre religion à travers notre façon d’agir. Parfois, certains
pensent, à tord, qu’une maison bien tenue ou un pas de porte bien entretenue
constitue une perte de temps et demeure sans importance aux yeux d’Allah. Or, nous
venons de souligner qu’il n’en est rien. Il s’agit aussi d’actes d’ibadaat (adoration)
puisque nous obéissons au Prophète (SAW) et de ce fait à Dieu,
nous appliquons donc la chariat.
Dans le même ordre d’idée, le respect de la nature et les problèmes
liés à la population apparaissent souvent comme des préoccupations
secondaires au musulman. Pourtant, s’il traite le monde dans lequel il vit sans considération
ni respect, il en est responsable devant Dieu. D’une part, il risque de nuire ou
de gêner les autres et d’en subir les conséquences néfastes mais
surtout, il ne suit pas les recommandations de son nabi-é-karim (SAW).
Le hadice suivant nous recommande d’éviter trois sortes d’endroits pour faire
nos besoins. Les paroles en sont d’ailleurs très sévères.
Le Prophète (SAW) dit : “Evitez de commettre les trois grands péchés
dont l’auteur est maudit, à savoir, faire ses besoins auprès des points
d’eau, dans les chemins et dans les endroits ombragés”. On rapporte qu’il
a inclus aussi les arbres fruitiers ”(TIRMIDI)”. Il est facile d’en deviner la raison.
Tout d’abord, ces trois endroits sont fréquentés par les gens et les
animaux ensuite, ce sont des lieux vitaux qu’il convient de tenir propres : l’eau
que nous utilisons, le chemin que nous empruntons et l’ombre, à laquelle nous
nous reposons. S’il ne nous est pas permis d’y faire nos besoins, nous est-il d’avantage
autorisés de les souiller, d’y abandonner nos ordures que nous pouvons plus
facilement jeter ailleurs ?
Aujourd’hui, il nous arrive d’oublier qu’être musulman ne se limite pas seulement
à nos ibadaats quotidiens mais que l’islam a des prolongements divers qui
doivent faire partie intégrante de notre vie. Comprenons qu’Allah dans son
immense bonté, nous avait de cette façon déjà mis en
garde contre la pollution, problème majeur actuellement. Ne pas y contribuer,
ce n’est pas seulement se garder de détruire ou salir la nature mais empêcher
les autres de le faire. Or combien de musulmans s’engagent réellement dans
cette voie? Ce sont les autres peuples qui s’investissent dans ce domaine pourtant
islamique.
Et si nous doutons encore de l’importance essentielle que revêt la propreté
à tout point de vue, comme nous venons de le confirmer, comment expliquer
que les non-musulmans lui reconnaissent une si grande valeur ?
Si l’islam nous exhorte en ce sens, nous devrions être mille fois plus pointilleux
qu’eux qui n’ont pas reçu d’ordre de leur Seigneur et qui pourtant s’y appliquent.
Enfin, nous terminerons notre article en nous attachant à un détail,
ou à ce qui pourrait s’y résoudre pour certains.
En effet, de multiples études ont souligné l’influence de la couleur
sur le comportement humain.
Notons que la bannière de l’islam arbore le vert et le blanc qui, plus est,
sont les couleurs de prédilection en Islam. Ce fait n’est ni anodin ni banal.
il revêt un sens particulier surtout si nous songeons à certains résultats
scientifiques (études faites par des spécialistes) qui ont prouvé
que le vert et le blanc avaient un impact bénéfique sur l’être
humain dans le mesure où elles l’inciteraient à l’hygiène.
Suite à ces découvertes (à titre anecdotique) les services de
la voirie de nombreuses villes de France ont adopté ces deux couleurs pour
leurs équipements et uniformes. Mais elles sont aussi fréquentes dans
les collectivités, hôpitaux...
Une fois de plus, l’islam n’a rien à prouver puisque quatorze siècles
auparavant naissait et s’imposait une religion adaptée aux besoins de l’homme,
symboliquement pure, source d’hygiène et de bienfaits pour ce dernier et ce,
sous la bannière verte et blanche, le drapeau aux couleurs de l’hygiène
et de la propreté.
AMINAH VOISIN
Courtoisie “Espace de l’Islam”
FRATERNITÉ DES MUSULMANS
RÉUNIONNAIS - F.M.R. - BP 747 - 97475 SAINT-DENIS CEDEX
ILE DE LA RÉUNION